Mardi 9 février 2010
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13:58

Chère Carla G.,
Je suis prête à parier que 3 est votre chiffre préféré : dans
Ma femme de ta vie, vous racontiez l'histoire d'un couple à trois, et aujourd'hui, l'intrigue du
Reste est silence
tourne autour de trois personnages. Juan, le père, Tommy, le fils, et Alma, la belle-mère. Tous trois cohabitent tant bien que mal, avec en creux, l'image de la mère de Tommy, décédée il y a
plusieurs années. Subtilement, vous jonglez d'un personnage à l'autre, tissant progressivement une toile familiale complexe, qui ne tient plus qu'à un fil : la vérité sur la mort de Soledad.
Puisque personne ne veut en parler au petit Tommy, il entreprend lui-même l'enquête, au péril de sa vie. C'est la fragilité et le déterminisme de Tommy qui m'ont émue : voilà ce petit bout d'homme
qui se met en quête des "
dix découvertes sur maman" : "
troisième découverte (je reste persuadée que 3 est votre chiffre préféré).
Comme le frêne, maman avait un dragon dans
ses racines et, en dépit de ses efforts pour le vaincre, c'est le dragon qui a fini par remporter la bataille." Discrètement, vous instillez du suspense dans ce drame familial ; discrètement,
vous me prenez la main pour ne plus la lâcher. Je tenais à vous remercier, car grâce à vous j'ai retrouvé le goût des grasses matinées de lecture. Merci! Lucie S.
Par Lucie S.
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Mardi 12 janvier 2010
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12:51
TR : de Vinciane H. à Kim T.
Chère Kim T.
Ru, d’abord, c’est joli comme nom, c’est déjà évocateur et poétique. Ru, "berceuse" en vietnamien, celle que vous égrainez page après page, pour conter avec pudeur votre quête du pays perdu, le
Vietnam. Votre livre tout entier constitue un souvenir. Par touches impressionnistes, vous tissez la mémoire vietnamienne de votre narratrice qui a dû quitter son pays à cause de la guerre,
abandonner une vie privilégiée pour embarquer sur un boat people et tenter de trouver ses marques au Québec où elle donnera naissance. Entre épisodes douloureux et instants de bonheur, le récit
oscille dans un temps dilué et on sent que la cicatrice n’est pas tout à fait refermée. Vous écrivez : "Mes parents nous ont légué la richesse de leur mémoire(…), ils nous ont offert des pieds pour
marcher jusqu'à nos rêves, jusqu'à l’infini. C’est peut être suffisant comme bagage pour continuer le voyage par nous même". Lumineux...
Vinciane H.
Par Lucie S.
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Mardi 15 décembre 2009
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15
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/2009
16:35
Chère Eun H.
J'ai laissé traîner votre recueil de nouvelles bien trop longtemps sur une étagère du salon. Petit à petit, les mastodontes de Gallimard l'ont recouvert, si bien qu'il a complètement disparu.
Heureusement, un dimanche de rangement et de bricolage l'a ramené à ma vue. J'écris "heureusement" et je le pense. Ces jolis textes sur la complexité des relations conjugales sont emprunts d'une
douce mélancolie. J'imaginais ces femmes, seules, dans leur grand appartement, perché en haut d'une tour d'une mégalopole coréenne. Et ces maris hagards, alcoolisés, angoissés, qui ne savent plus
comment leur parler, et qui contemplent le gouffre béant qui les sépare. J'ai empilé Les boîtes de ma femme dans un petit coin de ma tête, et je ne suis pas près de les oublier.
Bien à vous
Lucie S.
Par Lucie S.
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