Jeudi 28 janvier 2010
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15:14
Chère Vinciane,
...."le temps dilué", ces trois mots de votre lettre insufflent l'air nécessaire à l'envol de mes mots.
Merci infiniment,
Kim Thuy
En réponse à la
lettre de Vinciane sur "Ru".
Par Lucie S.
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Mardi 26 janvier 2010
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20:29

Cher Wajdi M.,
cet après-midi, je vous ai découvert, vous et votre style violent, beau et fort. On m’avait fait parvenir il y a quelques jours une dizaine de vos textes, et n’en faisant qu’à ma tête, oubliant
toute chronologie, je me suis saisie d’
Incendies. Quel choc. Littéraire, dramatique, poétique. Un choc, vous dis-je. La force et la portée universelle des violentes déclarations d’amour
entre Nawal et Wahab m’ont transportée. "Je voulais te dire que cette nuit, mon coeur est plein d'amour, il va exploser. Partout on me dit que j'aime trop ; moi, je ne sais pas ce que ça veut dire
aimer trop, je ne sais pas ce que ça veut dire être loin de toi, je ne sais pas ce que ça veut dire quand tu n'es plus là."
Me voilà bien maligne à corner les pages les unes après les autres pour ne rien oublier, pour savoir à quel endroit replonger mes yeux quand je voudrais retrouver votre si belle plume. Me voilà
bien maligne avec mon petit livre et mon cœur tous deux écorchés. Je dois vous le dire, comme ça, d’emblée : vous êtes mon Apollinaire, mon Aragon du XXIe siècle. Me voilà éprise de vous, et ce
soir je m’attaque à
Littoral, demain aux
Forêts, puis aux
Ciels, en espérant retrouver votre poigne qui fait tout votre charme.
Sincèrement,
Lucie S.
Par Lucie S.
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Vendredi 22 janvier 2010
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11:39
Cher Christian G.,
Ca commence mal : vous donnez mon prénom à la chienne de la famille, un ventre sur pattes, qui ne pense qu'à piocher dans les gâteaux apéro puis à s'affaler sur le lit du petit Louis, et vous
croyez que ça va me plaire ? Heureusement pour nous deux, Lucie n'a pas une grande incidence dans l'histoire de Lily et Braine ; elle est la deuxième béquille de la famille, celle qui accompagne
le fils quand les parents s'aiment ou s'éloignent. Car Braine revient légèrement abimé de la Guerre du Vietnam, psychologiquement bouleversé, à tel point que parfois on le prendrait pour un
simplet. Il a du mal à finir ses phrases, à exprimer le fond de sa pensée, et surtout à maîtriser ses sentiments. Et votre plume retranscrit toutes ses hésitations à merveille : c'est haché,
brusque, coupé, hésité, repris, échangé. J'ai très vite succombé à votre prose singulière, comme Braine aux charmes de la pulpeuse Rose Braxton ou de la jeune Nadia. "C'était peut-être ça, sa
véritable infirmité. L'invalidité qu'il avait rapportée de là-bas. Une incapacité à ne pas aimer." Pauvre Braine. Enfin, pauvre Lily.
Lucie S.
Par Lucie S.
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