Comme je vous envie vos pulsions livresques… D’autant
plus, que je sais, pour vous avoir rencontrée, qu’elles n’affectent en rien le volume de votre tête ! (à la différence du Côte d’Or au Lait, pauvre de moi). Je suis heureuse que Manon et son
Carnet de Grauku vous aient touchée à ce point. Je l’ai voulue naturelle et non stéréotypée pour la jeunesse, c’est sans doute ce qui fait sa force. Savourant (je reconnais !) ce chaud
chocolat devant vous, je me disais que vous seriez une belle héroïne de roman : entière, passionnée et… nous y revenons, pas stéréotypée ! Alors continuez à consommer sans
modération !
Le carnet de Grauku m’a envoûtée. Les pulsions que votre personnage a avec la nourriture, je les ai avec les livres. Et le vôtre méritait amplement une tablette de Côte d’Or au
lait ! J’ai d’emblée été surprise et touchée par Manon, sa voix, ses envies, ses rêves, que vous avez su traduire à merveille. Je me suis souvent demandée comment, en s’éloignant de
l’adolescence, on parvenait à en garder le goût, au fond de nous. Tout dans ce récit sonne juste, et pourtant, je me suis surprise à craindre le cliché. J’avais peur que vous emmeniez Manon trop
loin, que vous caricaturiez les filles du lycée, que vous choisissiez les chemins de la facilité. Eh bien, non ! Vous vous moquez ouvertement de Jean-Luc Delarue et vous avez raison. Le
chemin que vous avez choisi pour dénoncer les dérives de l’anorexie est bien plus sûr, bien plus percutant. Je pense que votre livre fera un grand bien à toutes les ados qui se sentent mal dans
leur peau, et qu’il permettra à d’autres d’être moins orgueilleuses. Dans un petit mot à la fin du livre, vous avouez avoir mis une grosse part de vous-même dans cette histoire. Vous connaissant
depuis quelques jours à peine, je vous ai reconnu dans cette drogue douce du chocolat (vous aviez commandé un chocolat chaud lors de notre entrevue) et surtout dans les allusions à Philippe
Claudel et à son Rapport de Brodeck !
Chère Gwenaëlle A.,
Vous comme moi avons la chance que vous soyez assistée par une excellente attachée de presse (elle se reconnaîtra…). Car je dois vous avouer que, seule parmi les 600 romans de la rentrée, je
n'avais pas fait du vôtre une priorité… Grossière erreur, je le reconnais. Vous êtes la mademoiselle Fottorino de la rentrée. Je dis ça car, à votre tour, vous tenez à rendre hommage à votre défunt
père. Eric m'avait touchée par ses mots (oui je suis fan), vous m'avez bouleversée par la forme de votre témoignage. Vous voilà lancée dans un abécédaire, "ce portrait en 26 angles et au centre
absent", et je me demandais si vous alliez tenir le cap. Votre père avait laissé un manuscrit avec la mention "à romancer", vous l'avez fait à la perfection, vraiment.
Lucie S.
:
Lucie Souliac, jeune journaliste et fan inconditionnelle de Patrick Modiano, écrit des lettres à ses auteurs (plus ou moins) préférés.
Elle transfert régulièrement le courrier d'ami(e)s vers les auteurs. Alors à vos plumes !
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